Tant et aussi longtemps qu’il ait eu des cultures européennes, voire n’importe quelles cultures, sur le continent nord-américain, on est en quête d’une solution convenable à faire interagir ses peuples paisiblement. À vrai dire, on doit constater que depuis l’aube du temps, l’être humain cherche une réponse à cette problématique tout à fait politique. Si on comprend que le politique (au sens masculin on fait référence à l’organisation et à l’exercice du pouvoir dans une société organisée, petit robert) est ce qui se passe lorsque on met deux, ou plusieurs, personnes ensemble, il est naturel qu’un système politique qui est capable de gérer ce phénomène d’interaction politique entre ces individus, c’est-à-dire entre ces être subjectifs et uniques en soi, se développe d'une manière ou de l'autre. Mais à quelles fins servirait ce nouvel gouvernement et quels seront ces composants?
Si l’on extrapole cette même situation de l'interaction politique de base à l’ère actuel, surtout dans ce temps d’élections canadiennes et présidentielles aux États-Unis, on comprend la nécessité de songer aux questions politiques comme, « pour quel parti voterai-je? et , Quel rôle puis-je jouer dans le processus politique? » Pour bon nombre d’entre-nous, ces questions sont la raison pour laquelle on songe aux résultats des élections. D’ailleurs, on peut dire, et j’aimerais bien y croire, que la plupart des citoyens de notre société s’engouent de la politique, quoiqu’il faut souvent susciter leur participation politique vu que nos systèmes et institutions semblent d’être inaccessible à M. et Mme. Tout le monde.
Or, il nous incombe de combattre à cette inaccessibilité, à ce bris de connexion entre les individus qui composent une société et les élus, nommés et auto-nommés qui sont chargés de sa gestion. D’après moi, je crois que la meilleure façon de s’y arriver c’est de se combattre contre l’homogénéité d’une société et de promouvoir l’intégration et l’équité de tous ses membres, c’est-à-dire de tous ces groupes individuels et de ces individus.
En parlant du cas albertain dans le contexte de l’homogénéité politique, Ed Aunger soulève des points stimulants, sinon un peu troublants, dans son article intitulé, « ONE LANGUAGE AND ONE NATIONALITY : THE FORCIBLE CONSTITUTION OF A UNILINGUAL PROVINCE IN A BILINGUAL COUNTRY, 1870-2005 ». Il cite l’obervation de Jean Leponce, “Each language group strives to establish its domination and exclusivity in a given territory, goals much more easily achieved if a language has control of the machinery of government and in particular the control of an independent state.”. Pareillement, il invoque un extrait de Joseph Eliot Magnet, qui a constaté lui-même que, “The examples illustrate a vicious vein in Canada’s history typified by bitter, dangerous conflict fought over language rights as a result of a stingy, vindictive spirit by provincial majorities. It is [a] history of explosive racial strife, full of dangers for the Canadian Federal State.”
Je crois que à la genèse de ces commentaires est la crainte que les minorités vont chercher à dominer la culture courante et rendre instable les institutions et systèmes politiques qui opèrent dans notre société en se luttant, chacun à tour de rôle, pour des droits minoritaires accrus. Ceux qui souscrivent à cette anxiété sociale font en sorte, selon moi, de nous diriger vers ce qu’il essaie d’éviter, l’instabilité sociopolitique. En fait, il me semble tout à fait raisonnable de constater que leurs efforts nous mènent aux antipodes de celle-ci en affaiblissant la compréhension mutuelle entres les divers groupes individuels de la société.
D’une autre part, on peut dire qu’en promouvant une culture, une langue au-dessus une autre, on force les groupes minoritaires à se lutter et à se battre pour mettre en valeur ce qui reste de leur patrimoine. Ce sentiment de marginalisation risque de les encourager à se révolter contre la menace de la domination culturelle par un autre. Paradoxalement, les actes de révoltes paisibles s’expriment par de bels œuvres d’arts, par l’émouvante musique folklorique, par la recherche académique et par des mouvements de solidarité culturelle. Sur une grande échelle, ces mouvements motivés par la frustration et l’ignorance peuvent créer des situations de conflits, comme on a vu au Québec entre les souverainistes et le gouvernement au pouvoir. Bon nombre d’autres exemples sautent à l’esprit, souvent ayant des résultats sévères comme le cas rwandais par exemple. N’importe quand qu’un groupe se fait dominer par un autre, les conclusions ne s’avèrent jamais très bonnes. Pourtant, du côté positif d’une telle situation, un groupe cherchant à faire connaître leur lutte et se battant pour faire avancer leur cause, finira souvent par s’enrichir culturellement en se ralliant autour de ses qualités comme peuple, groupe ou autre.
Par extension, le groupe en question arrive à mieux s’identifier et à se connaître. Contrairement aux groupes majoritaires homogènes, qui en l’absence de leur propre sentiment identité culturelle, diluée et aussi réduite qu’elle soit, les minorités se créent un fort sentiment d’appartenance après qu’il soit capable de s’affirmer comme groupe solidaire et distinct. En fait, les membres de la majorité d’une nation s’identifient souvent à l’aide des identités minoritaires respectives. La preuve de cet effet au Canada se manifeste dans le fait que sa propre identité est axée sur des éléments de l’identité franco-canadienne tels que le sirop d’érable, les toques, les voyageurs, la poutine, Céline Dion, le bonhomme carnaval et j’en passe. Ce phénomène se répète chez les peuples autochtones, inoues, aborigènes, c’est-à-dire les premières nations. L’identité des minorités au Canada sont à la base de notre identité comme pays. D’où la doctrine du multiculturalisme au Canada, la véritable manifestation politique de notre société pluraliste. On le voit également dans d’autres pays, tel que la France, qui s’identifie avec ces composants régionaux et non pas avec une seule qualité englobant. Légions sont les pays qui trouvent leur identité au sein de leurs communautés minoritaires.
Ainsi, la doctrine, « one language, one nationality » me semble très perturbant, eu égard racines identitaires et culturelles de notre patrimoine canadien. Et, comme j’ai tenté de démontrer ci haut, les raisons derrières cette philosophie d’homogénéité sont mal-fondées. Tel que Hannah Arendt l’a fait remarquer, le pouvoir politique n’est pas comme on le comprend de prime abord, soit un outil de domination, coercition et de contrôle. Elle avance la thèse opposée que c’est par l’entremise du pouvoir politique qu’on est capable de créer, de bâtir et de mener à jour des projets de collaboration politique. Les deux individus politiques dont on a parlé préalablement, en établissant un système politique juste et bon, ont la capacité de manifester quelque chose de plus fort que chacun en soi. Une unité politique qui détienne un certain caractère d’individualité, mais qui est l’expression de ses membres séparés et individuels tout à la fois. Tel est ma compréhension de la réalité politique, et surtout celle au Canada. Cela me mène donc à croire qu’en inhibant la capacité des groupes minoritaires, c’est-à-dire les membres individuels d’une société à s’enrichir et à s’épanouir, on empêche au Canada de suivre son parcours vers l’établissement d’institutions sociétales stables et justes.
Dans le présent contexte du gouvernement conservateur au Canada et sa politique de réduction d’organismes gouvernementaux et autres, à l’appui des groupes minoritaires et marginalisés au Canada, on contribue à une dévolution de notre société en tant que tel. Harper, en éliminant les supports aux tierces groupes de notre société, tels que les femmes, les autochtones, les minorités linguistiques et autres, fait en sorte d’anéantir les conduites anciennement accessibles à ces groupes pour revendiquer leur droits de base. Par extension, cela réduit notre capacité générale de promouvoir l’équité sociale en continuant à bâtir et à rebâtir les institutions d’une société canadienne forte, stable, libre et juste. Je conçois la société canadienne comme étant un organisme politique vivant et malléable, à la base de lequel se trouve une pléthore de groupes minoritaires qui s’interagissent, se comprennent et qui se respectent comme confrère et collaborateur dans ce projet qu’on appel le Canada.
Cet oeuvre représente pour moi, un effort de se distancer de la réalité américaine, qui, elle aussi bénéficiant de ces groupes minoritaires, cherche toujours, malgré ces dernier, d’assujettir son public au melting pot américain afin de motiver les sentiments de patriotisme et de nationalisme. Malheureusement, ce ne fait que répandre et propager l’ignorance vis-à-vis d’autrui et d’encourager la friction entre eux. En guise de conclusion, lorsqu’il arrive le temps de voter chez nous au Canada, il faudrait peut-être analyser nos options à l’instar de Hannah Arendt et d’arrivé à une conclusion basée sur l’idée que celui qui manifeste le pouvoir politique pour créer, et non pas pour étouffer, est celui qui arrivera à promouvoir des interactions politiques justes et bonnes. Qu’on se sorte tous et toutes des ténèbres de l’ignorance et qu’on avance, pas à pas, main en main, vers une réalité utopique de l’existence humaine.
dimanche 14 septembre 2008
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